Autour
de son roman
L’Envolée belle
paru aux éditions À plus d’un titre
Mercredi 4 décembre 2013
à 18h30
à la Librairie La Dérive
Originaire du pays Voironnais, Mylène Mouton a enseigné le français pendant vingt ans. Elle se consacre désormais à plein temps à l’un de ses grands amours, l’écriture. Avec, son deuxième roman,
L’envolée belle, elle donne la parole au personnage d’Apolline. Son carnet de croquis sur les genoux, elle regarde les oiseaux par la fenêtre d’un hôpital où elle est soignée. On ignore tout de
sa maladie, sauf qu’elle l’entraine dans un univers résolument fantastique. Parmi le peu de visites qu’elle reçoit, la figure d’un Albatros scande la métamorphose qui la meut, et l’emporte avec
poésie vers sa liberté.
Extrait
J’étais à nouveau scotchée devant cette apparition.
Etendues à l’horizontale, planant dans la nuit étoilée, les ailes du grand oiseau me paraissaient encore plus grandes, plus blanches et plus brillante que la fois précédente. Mais encore et
surtout, c’était la puissance de son regard. On aurait dit, oui c’était cela, on aurait dit un regard d’aigle, un regard de rapace étincelant de colère niché dans des prunelles d’oiseau marin,
une colère qui n’était pas dirigée contre moi ; cette colère clouait les étoiles, crucifiait la nuit.
Nous nous sommes fait face pendant de longues minutes encore, toujours immobiles. Hypnotisée par son regard, je n’osais faire le moindre mouvement ni proférer le moindre son. Tout cela me
paraissait de plus en plus étrange.
Le bec de l’albatros m’a examinée de la tête aux pieds, me scrutant jusqu’aux entrailles. Il a hoché la tête très lentement. C’est alors que j’ai senti une brûlure légère, comme un fourmillement,
naître dans mon ventre et me traverser tout entière.
Puis il a fait demi-tour.
Je l’ai regardé s’éloigner dans l’obscurité.
L’Envolée belle, p.29 - 30
Bibliographie
Soleils d’ocre
Gaïa, 2007
L’Envolée belle
A plus d’un titre, 2013
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