Autour de son roman
La beauté m’assassine
paru aux éditions Fayard
Mercredi 22 mai 2013
à 18h30
à la librairie La Dérive
Michelle Tourneur est scénariste et romancière, passionnée par le XIXe siècle romantique. Auteure d’une thèse sur la correspondance entre George Sand et Eugène Delacroix, elle a fait de ce
dernier un des personnages clés de son dernier roman, La Beauté m’assassine. La jeune narratrice, Florentine, orpheline médium et fascinée par l’art, parvient à entrer comme servante dans
l’atelier du peintre. Une plongée dans les vertiges de la création et dans le Paris de 1830.
Extrait
Bien que l’accord restât informel, Florentine Victorine Marie Galien montait chaque jour chasser les poussières à
l’atelier du quai Voltaire.
Elle avait ses heures, pas toujours les mêmes, saluait avec politesse, sortait ses chiffons et s’engloutissait dans sa tâche. Elle avait beau dire que l’eau des pluies gouttait dans sa chambre,
que le givre courait sur les murs, le peintre savait qu’elle mentait. Il aurait juré qu’elle venait de ces quartiers de l’autre côté du fleuve où, le long des passages protégés de la crasse, les
miroirs se renvoyaient à l’infini l’éclat des boutiques de tapissiers, de chapeliers, de bottiers, de marchands de citrons et d’oranges.
C’était là-bas qu’il la situait, non près du quai.
Et elle maniait les mots avec justesse, elle écrivait, elle savait parler, cela désorientait le jugement. Et alors ? Alors à voir, à examiner plus tard. Pour l’heure, le travail ne laissait
aucune place aux spéculations et, dans l’austérité d’une vie privée de confort, ce service régulier était une gratification miraculeuse. Il se disait qu’un jour Florentine s’évanouirait comme
elle s’était présentée.
La beauté m’assassine
Bibliographie
La Beauté m’assassine
Fayard, 2012
Nuit d’or et de neige
Gallimard, 2002
Lumières d’alcôve
Gallimard, 1999
A l’heure dite
Gallimard, 1997
La Soie
Gallimard, 1992
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